Le Voleur aux 1000 Visages

Il était une fois, un prêtre de Saint-Cuthberg nommé Aaron, respecté pour sa droiture au sein du village de BelleFosse, et apprécié de tous. Il entretenait son temple avec zèle, et bien que décoré vétuste, possédait en son cœur une belle coupole dorée, avec laquelle disait-on, Saint-Cuthberg avait pris sa première cuite. Ce n'était ni un objet magique puissant, mais plutôt une relique mineure, rappelant aux hommes que Saint-Cuthberg avait d'abord été un homme avant de devenir un dieu. Elle était précieuse à sa façon, et le prêtre confirmé aimait la savoir en sécurité dans un coffre au cœur du temple, et la clé du coffre autour de son cou jour après jour, nuit après nuit.

Un soir, alors qu'il rentrait d'avoir accompagné un mourant à partir l'âme en paix, il rencontra une superbe femme, à la tenue légère et l'air aguichant, l'invitant à s'éloigner du bord du chemin. Curieux et intrigué, Aaron suivit la belle femme brune dans les bois, qu'il connaissait bien pour y avoir joué moult fois étant enfant. Elle lui fit emprunter des chemins qu'il connaissait, puis des détours qu'il ignorait. A chaque fois qu'il hésitait, elle lui lançait un regard amusé par dessus l'épaule, et s'en allait un peu plus loin, s'amusant de son hésitation.

Ils se retrouvèrent bientôt tous deux au sein d'une clairière, au dessus d'une pleine lune, bordée d'une source de rivière à la clarté sans pareille. Au départ vêtu, Aaron s'étonna de se retrouver nu comme ver, et la nudité de la femme n'était cachée que par l'ombre des feuillages alentours. Ce qui s'en suit, je n'ai guère besoin de vous le conter…

Au chant des oiseaux du lendemain matin, notre prêtre le sourire aux lèvres se réveilla seul, et se rhabilla avec ses vêtements assemblés en tas près de lui, repliés et frais. Il ne manquait qu'un seul objet… la fameuse clé ! Aaron courut aussitôt vers le temple, et qu'elle ne fut pas sa déception lorsqu'il découvrit que le coffre était ouvert, et le calice disparut ! Aucune trace de lutte, ni d'infraction, juste un mot déposé près du méfait : « Merci pour cette nuit, et le double plaisir ressenti ». En bas du mot, il y avait le dessin d'un masque

Aaron fit battre la campagne, mais jamais on ne trouva trace du calice, ni même de cette mystérieuse femme. Ce n'est qu'au cours des jours et des confessions, que certains hommes et femmes du village contèrent la même mésaventure, où au cours d'une nuit avec une femme ou un homme, ils constatèrent au petit matin que l'on avait dérobé quelque chose de précieux pour eux, accompagné d'un mot, signé d'un masque.

C'en était trop ! Aaron profita d'une visite de son fils Nadab devenu protecteur de la Neutralité, pour enquêter sur ces mystérieux méfaits. Au bout de quelques recherches et techniques propres à sa formation, Nadab conclut que c'était l'oeuvre d'une seule et même créature, issue de Maltivirion. Seuls ces créatures peuvent prendre plusieurs apparences en conservant la même personnalité. Et il est plus que probable que cette créature se soit enfuie à présent du village, car sur la route, Nadab avait entendu histoires similaires, mais produits à des moments plus anciens.

Fort de son chapitre et de sa vocation, Nadab se chargea de poursuivre ce voleur, et de rendre justice à son père, ainsi qu'à tous les autres villageois opprimés.

grislame/legendes/voleur_1000_visages.txt · Dernière modification: 11/02/2012 17:52 (modification externe)
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